le sacrifice de K'iid K'iyaas

Filmé en relief 3D dans un archipel à la lisière des mondes, le destin tragique de K’iid K’iyaas, arbre mythique du peuple Haïda, sacrifié par un ex-bûcheron en croisade contre la déforestation, devient la trame d’une exploration du lien entre l’homme et la forêt.

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synopsis

Il se dresse comme une muraille,
dans une clairière au bord d’une rivière.
C’est un arbre monde, gigantesque,
un monument végétal qui a plus de mille ans.

Il s’appelle BIG TREE, il est le dernier des arbres géants, le cœur de la forêt primaire des îles de la Reine Charlotte (Colombie Britannique, Canada). Dans cette forêt magique qui se nourrit de lumière, vivent des esprits très anciens.
A ses côtés se tient un homme du nom de GUUJAAW. Malgré sa taille dérisoire et son existence éphémère, il est celui que Big Tree désigne comme le gardien de cette forêt.

Big Tree prend la parole, il profère les histoires de cette terre. D’une voix surgie des tréfonds, il invoque les actes d’une tragédie qui scelle le destin commun entre la forêt et les Haïdas, le peuple de cette terre. Son récit arborescent s’enracine dans la mythologie, convoque la mémoire des lieux, réveille les Etres Surnaturels et résonne jusque dans la communauté des hommes. Il orchestre l’histoire comme une symphonie, faisant tantôt résonner le chœur des arbres ou bien donnant la parole à une voix singulière.

Alors que Big Tree énonce son récit, Guujaaw le met en actes. Il parcourt la forêt, réactive les cérémonies, réinsuffle à son peuple une identité construite sur une relation intime avec le vivant.

Big Tree plonge ses racines dans la Yakoun. Cette veine liquide féconde inlassablement la vie. En remontant à sa source, Guujaaw remonte aux origines, au mythe fondateur : la terre des Haïdas repose sur un immense tronc posé sur la poitrine d’un Etre Surnaturel couché au fond des eaux. De cet équilibre, symbolisé par l’arbre, dépend le destin des mondes.

Avant, rappelle Big Tree, il existait une alliance entre les hommes et les arbres. Elle a été brisée. C’était il n’y a pas si longtemps.

Les derniers grands arbres frémissent, ils se souviennent du moment où tout a basculé :

« Les maisons flottantes sont arrivées, chargées de pâles fantômes. Ils portaient avec eux des objets de métal qui leur conféraient le pouvoir : le fusil et la hache. Les arbres et les hommes commencèrent à tomber, ce fut le début d’une nouvelle ère. »

L’arrivée du métal suscita la convoitise dans le cœur des hommes et l’ancienne alliance fut oubliée.

Alors le sort frappa, les Haïdas furent décimés par une malédiction arrivée dans les cales des navires, les fièvres qui se propagèrent en quelques lunes, n’épargnant qu’une poignée de survivants hébétés.

L’un d’eux, un jeune garçon, se transforma en un arbre sacré, sentinelle de vie postée sur les rives de la Yakoun, la rivière de vie. Il prit le nom de K’IID K’IYAAS.

Pendant des siècles K’iid K’iyaas incarna l’espoir d’une renaissance. Il n’était pas un arbre ordinaire, ses aiguilles couleur d’or le rendait unique au monde. Dans son voisinage, vivait un corbeau blanc. Alors que la forêt et le peuple haïda étaient en train de disparaître, ravagés par la folie du monde, K’iid K’iyaas fut longtemps épargné grâce à sa beauté et son caractère exceptionnel.

Mais voici que, venu du continent, un homme armé de sa colère vient l’abattre. Big Tree convoque les témoins du drame. Ils évoquent cet homme apparu de nulle part qui, par une nuit d’hiver, traverse à la nage les eaux tumultueuses de la Yakoun et abat l’arbre sacré.

Le fracas de la chute de K’iid K’iyaas résonne encore dans le cœur de la forêt. Le corbeau blanc disparaît à son tour.

La menace pèse à présent sur les derniers grands arbres.

Cependant, contre toute attente, les Haïdas survivent à leur disparition annoncée grâce à la vision portée par Guujaaw. Big Tree reconnaît en cet homme celui qui a fait resurgir l’ancienne alliance.

Guujaaw parcourt les villages abandonnés pour solliciter la mémoire de ses ancêtres dont il a par le passé enterré les os à mains nues. Depuis plus de trente ans, cet homme dont le nom signifie « tambour », mène un combat sans répit. Initié aux récits de cette terre par les esprits de la forêt, il guide son peuple vers le futur.

Il dresse un rempart autour des arbres assiégés par l’avidité d’un profit qui ne connaît aucune limite. A nouveau les totems sont sculptés puis dressés face au large, à nouveau les canoës sont façonnés et fendent les eaux.

Les souvenirs de Big Tree s’enracinent dans le millénaire écoulé, la vision de Guujaaw s’étend sur celui à venir. A eux deux, ils réactualisent le destin commun d’un peuple et de ses arbres monumentaux : les uns ne peuvent survivre sans les autres.

La forêt soupire et frissonne au son du récit de Big Tree. Le spectacle de vallées entières dévastées où plus un seul arbre ne reste debout hante les esprits comme un présage funeste.

Le monde ancien, dont Big Tree est le dernier porte-parole va-t-il disparaître ?

Kiid Ki yaas

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