Islande: le facteur femmes

2017-2018 Iceland: the female factor

Synopsis :

 

Septembre 2017 : pour la troisième fois en moins de dix ans, le parlement islandais va être dissous. En 2008 les islandaises avaient réussi à faire de la crise financière, une opportunité de remise en cause des mécanismes de leur société.

Si le krach financier de 2008 est devenu le symbole de la faillite de la gouvernance masculine, le scandale des panama papers en 2016 a marqué le ras le bol des citoyens face à la corruption et à l’évasion fiscale. Les 2 crises ont provoqué la démission successive du gouvernement du parti conservateur majoritaire. Depuis, la reconstruction du pays passe par des femmes dont la vision de la société diffère de celle qui a incarné le pouvoir jusqu’alors. Nouveaux modes de pensée, de gouvernance ou de gestion, elles s‘activent depuis dix ans pour répondre aux chocs qui secouent la petite île aux confins de l’Europe.

Or, aujourd’hui à l’image de la nature volcanique de l’île de feu et de glace, le rôle des femmes islandaises semble exploser à nouveau. Lors de la rentrée parlementaire de 2017, le gouvernement est à nouveau contraint à démissionner pour bienveillance à l’égard d’un pédophile notoire. La crise morale qui secoue la société islandaise prend racine dans les témoignages que les victimes de crimes sexuels, essentiellement des femmes et des enfants commencent à rendre publics dans les réseaux sociaux dès l’été 2017. Cette fois-ci c’est alors directement vers les femmes que l’on se tourne. Leurs propositions peuvent-elles enrayer la corruption et les privilèges qui minent la vie politique et sociale de cette microsociété? Vont-elles parvenir à mettre en œuvre de vrais vecteurs de changement comme la nouvelle constitution? Y a t’il un « female factor » en politique ? Quelle nouvelle société sortira de l’aventure ?

Les femmes islandaises ont été parmi les premières à voter, la première présidente élue au suffrage universel était islandaise, les femmes en Islande changent depuis des décennies la nature des débats dans leur pays. A travers quelques unes d’entre elles, leaders politiques, économiste, chef d’entreprise, chercheuse ou activiste, le film se penche sur l’impact du « facteur femme » sur le paysage politique et social islandais et par un jeu de miroir, ouvre la réflexion sur l’état de nos démocraties.

 

Intentions de réalisation :

Le film part de la profonde crise morale que le pays traverse aujourd’hui pour revisiter les changements survenus durant la dernière décennie, 2008-2018. Il s’articule autour du rôle qu’ont joué mes protagonistes dans la gestion de la crise de 2008, jusqu’à celle d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre elles sont impliquées en première ligne dans cette nouvelle crise. Me trouvant sur place à ce moment-là, j’ai pu les filmer au cours de leurs différentes interventions au sein du parlement avant sa dissolution ainsi que dans les débats qui prennent place dans la société civile. Les questions qui traversent le film sont ainsi concrètement incarnées dans cette séquence historique. Alors que Katrin Jakobsdottir pourrait prendre la tête du prochain gouvernement, Birgitta Jonsdottir est devenue une figure incontournable d’un débat planétaire sur la démocratie dans le sillage de Snowden.

Les protagonistes seront filmées dans leurs activités professionnelles (représentation politique, animation de clubs de réflexion, prises de position publiques, think tank économiques, etc… ) ainsi que dans leur intimité. Leur rapport organique à la nature islandaise génère une grammaire cinématographique à la mesure de cette terre aussi puissante que rude, filmée tantôt en plans aériens, tantôt en larges plans fixes.

Pour comprendre leur vision, il faut les voir dans l’environnement qui les a façonnées. L’Islande, parfois appelée « l’île des femmes » a porté des générations de femmes fortes. Celles qui jouent ces rôles décisifs aujourd’hui sont issues de cette généalogie.

Le film est ancré dans la réalité. En rendant visible les démarches concrètes de ces femmes, il questionne en quoi l’égalité des genres permet l’émergence de nouveaux modes de gouvernance et comment lorsqu’on améliore la vie des femmes, on améliore la société dans son ensemble.

Il retrace au cours de brèves séquences d’archives, la longue marche des femmes islandaises vers cette égalité, donnant une perspective du chemin qui a été parcouru et de celui qui reste à accomplir.